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L’ORIENT LE JOUR NOVEMBRE 2014

By October 30, 2014Press

Maya Kanaan honorée au Salon du chocolat à Paris pour ses saveurs libanaises

La Libanaise a décroché l’« Award de l’espoir étranger » décerné par le Club des croqueurs de chocolat.

Nour Braïdy | OLJ

30/10/2014

Vendredi, au Salon du chocolat à Paris, l’on parlera bien sûr des dernières créations de Pierre Hermé ou du King Kong géant de Jean-Paul Hévin. L’on parlera aussi de Maya Kanaan, une Libanaise qui commence à se faire une belle place sur la planète chocolat, et se verra remettre demain au Salon l’« Award de l’espoir étranger ». Un prix décerné par le Club des croqueurs de chocolat.
La propriétaire de l’atelier-boutique M de Noir, situé à Bayada-Qornet Chehwan, est presque déjà une habituée du Salon du chocolat qui, cette année, fête ses 20 ans à l’Espace Eiffel Branly. En 2012, Maya Kanaan, 41 ans, est invitée à y exposer en tant que « jeune espoir » du chocolat. En 2013, elle y retourne « en tant qu’exposante, comme tout le monde et aux côtés des plus grands ». Cette année-là, elle présente un travail mettant en avant des saveurs très libanaises : chocolat au mastic, à la marjolaine, au loukoum, à la rose et à la menthe fraîche. Et aussi des truffes à l’arak, qui « se sont envolées en quelques heures ».
« Il est très important pour moi de faire connaître le Liban et de le promouvoir même si c’est de façon simple et à petite échelle », explique-t-elle à L’Orient-Le Jour. « Lorsque le Club des croqueurs de chocolat, une référence en la matière, m’a annoncé que j’allais recevoir l’Award de l’espoir étranger, j’ai été très surprise mais aussi très fière, confie la jeune femme. Je pourrai dire : “Voilà, je viens du Liban !”. »
Si la jeune femme a eu, tôt, un penchant marqué pour le chocolat, c’est dans un domaine très différent qu’elle a commencé par faire carrière. « J’ai fait un MBA aux États-Unis, puis j’ai donné des cours de marketing à la Lebanese American University pendant 11 ans. Un jour, je me suis dit qu’il n’est jamais trop tard pour faire ce que l’on aime vraiment », explique-t-elle. Elle prend des cours dans les écoles du Ritz Escoffier à Paris et de Valrhona à Tain-l’Hermitage, un petit village près de Lyon. D’où son nom, M de noir, M pour Maya et noir en raison du 100 % Valrhona noir qui est à la base de ses créations.
M de Noir naît en 2011, avec une ambition : faire découvrir « le vrai chocolat ». Du chocolat sans produits artificiels, à base d’une ganache faite maison. « Je suis très méticuleuse », souligne Maya Kanaan.
La boutique de M de noir n’est pas comme les autres, insiste-t-elle, « c’est un atelier-boutique, un concept nouveau au Liban ». Dans la boutique, les clients peuvent voir Maya Kanaan et ses trois assistants travailler. « Tout est très artisanal, il n’y a pas de machines, tout est fait à la main », souligne-t-elle.
Sur les présentoirs, l’on trouve les traditionnelles truffes à Noël, ainsi que des saveurs originales : chocolats à base de sel noir ou de baies roses. L’on trouve aussi « des marrons vraiment glacés de façon artisanale et non au sirop » et, depuis 2012, des glaces, un domaine dans lequel elle s’est lancée après avoir suivi une formation en Italie.
Du 6 au 8 novembre, Maya Kanaan exposera sa production au Salon du chocolat à Beyrouth, au Biel. « Je suis très excitée, j’espère que les Libanais vont découvrir le monde du chocolat. Ma grande satisfaction est que les gens goûtent le vrai chocolat. » Le Salon sera aussi l’occasion de faire connaître au grand public sa boutique située hors de la capitale.
Depuis deux ans déjà, la chocolatière pense à l’ouverture d’une antenne à Beyrouth. « La situation actuelle n’est pas très encourageante, mais je garde espoir. Mon rêve est d’avoir une boutique à Beyrouth et une dans le sud de la France », dit-elle. Aujourd’hui se profile en outre la possibilité que son chocolat soit distribué à Paris. Une perspective qui réjouit Maya Kanaan au plus haut point. « Vous vous rendez compte, un chocolat libanais qui se vendrait à Paris ! »